7 choses à ne jamais faire avec votre Raspberry Pi
Après avoir grillé un Raspberry Pi 4B et même un Pico récemment, j’ai réalisé que ces petites cartes sont certes plus solides qu’elles n’en ont l’air, mais pas indestructibles. Si, comme moi, vous utilisez un Raspberry Pi régulièrement, voici 7 erreurs à éviter avant de transformer accidentellement votre carte en presse-papier hors de prix.
Un Raspberry Pi peut être endommagé assez facilement lorsqu’il est utilisé dans de mauvaises conditions. L’humidité, un overclocking mal maîtrisé ou encore l’absence d’entretien sont parmi les causes les plus fréquentes.
Les conseils ci-dessous s’appliquent à tous les modèles de Raspberry Pi, du premier Raspberry Pi 1 au tout dernier Raspberry Pi 5. On verra aussi comment gérer chacun de ces problèmes.
Si vous êtes à la recherche d’inspiration pour votre prochain projet Raspberry Pi, j’ai créé une liste avec plus de 75 idées avec une courte description, le niveau et matériel conseillé, et des liens vers des tutoriels. Que vous soyez débutant ou plus expérimenté, vous trouverez des idées adaptées à votre niveau. Accès gratuit ici !
Overclocker son Pi sans refroidissement adapté
Quand « un peu plus rapide » devient « beaucoup plus chaud »

L’overclocking consiste à augmenter la fréquence du processeur au-delà de sa valeur par défaut pour gagner en performance. Par exemple, passer mon Raspberry Pi 4 de 1,8 GHz à 2,0 GHz, c’est vraiment simple à faire.
Certes, l’overclocking peut accélérer certaines tâches, mais ce n’est pas de la « performance gratuite » comme certains le prétendent. On crée des risques importants pour le Raspberry Pi, car il n’a pas de système de refroidissement intégré. S’il surchauffe au-delà des limites acceptables, il peut être endommagé de façon permanente.
Si vous overclockez, équipez votre Raspberry Pi d’un refroidissement adapté : dissipateurs thermiques et ventilateurs, voire quelque chose de plus poussé comme un kit de refroidissement liquide. Personnellement, je préfère le plug-and-play, donc j’achète généralement un boîtier avec refroidissement passif ou actif intégré.
Si vous voulez tester l’overclocking, jetez un œil à notre article sur les astuces pour accélérer votre Raspberry Pi. On y couvre l’overclocking étape par étape, mais aussi d’autres pistes comme utiliser un SSD à la place de la carte SD.
Utiliser une alimentation trop faible (ou trop de périphériques USB)
Les plantages aléatoires viennent souvent d’une mauvaise alimentation

C’est l’une des erreurs les plus fréquentes chez les utilisateurs de Raspberry Pi : sous-estimer l’importance d’une bonne alimentation. Beaucoup de cartes Pi ont un port USB-C, alors on se dit qu’un câble USB-C quelconque fera l’affaire. Mais non, c’est vraiment déconseillé.
Tous les modèles de Raspberry Pi fonctionnent sous ~5 volts, mais le Pi 5 a besoin de 5A, le Pi 4 et le Pi 400 demandent 3A, et les autres modèles se contentent de 2,5A. Si votre adaptateur ne peut pas fournir la tension ou l’intensité requise, les conséquences peuvent être sérieuses.

Une tension trop basse peut figer le Pi, provoquer des redémarrages, ou afficher les erreurs « low voltage warning » ou « under-voltage detected ». Si vous êtes dans ce cas, lisez notre article sur comment éviter les erreurs « under-voltage detected » sur Raspberry Pi.
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À l’inverse, une tension trop élevée peut endommager définitivement les composants de la carte. La solution la plus simple reste d’utiliser l’alimentation officielle pour votre modèle. Par exemple, voici celle pour le Pi 4 et celle pour le Pi 5. Pour tout ce qui touche à l’alimentation, notre guide complet est là : Comment alimenter un Raspberry Pi : conseils pour chaque usage.
Autre point à surveiller : les périphériques que vous branchez sur votre Pi. Trop d’appareils gourmands en énergie — disques durs externes, certains appareils USB, capteurs puissants — peuvent tirer trop de courant et rendre le système instable.
Pour régler un problème de surcharge, j’utilise un hub USB alimenté, qui fournit sa propre alimentation aux périphériques et soulage le Pi.
Laisser son Pi dans des conditions extrêmes
Votre Raspberry Pi n’est pas fait pour la jungle.

Mes Raspberry Pi ont toujours été fiables, mais c’est surtout parce que je fais attention à ne pas les maltraiter. L’environnement joue un rôle énorme là-dedans.
Éviter les températures élevées
On en a déjà parlé avec l’overclocking, mais ce problème peut aussi survenir sans overclocker du tout.
Le processeur du Raspberry Pi est conçu pour fonctionner entre -40 °C et 85 °C, mais ça ne veut pas dire qu’il faut le faire tourner en permanence près de ces limites.
Une mauvaise ventilation ou une température ambiante élevée peut rapidement pousser votre Pi vers le thermal throttling. Si la carte chauffe trop, les performances baissent automatiquement pour protéger le matériel.
À lire aussi : Peut-on vraiment bosser avec un Raspberry Pi 5 ? Mon test
La solution simple : placez votre Pi dans un boîtier bien ventilé, loin du soleil direct et des sources de chaleur. On peut aussi ajouter des dissipateurs thermiques ou un ventilateur.
N’oubliez pas non plus de le garder à l’abri du soleil et loin de toute source de chaleur.
Protéger son Pi de l’humidité
L’humidité est une autre ennemie de l’électronique. Même une faible quantité de condensation peut provoquer des courts-circuits ou de la corrosion sur la carte.
Je traite mon Raspberry Pi comme mon laptop : environnement sec, loin de tout liquide. Si vous comptez l’utiliser dans un garage, un atelier ou en extérieur, un boîtier protecteur ou étanche peut vraiment réduire les risques.
Attention à l’électricité statique
L’électricité statique est moins visible, mais tout aussi dangereuse. Une petite décharge électrostatique peut endommager des composants fragiles sans laisser la moindre trace visible.
Je l’ai appris à mes dépens : une petite décharge statique a un jour tué une carte mère de PC sur laquelle je travaillais.
Quand vous manipulez votre Raspberry Pi, prenez l’habitude de vous décharger d’abord en touchant un objet métallique, ou portez un bracelet antistatique, surtout dans les pièces sèches ou avec de la moquette.
Je vous conseille aussi : Peut-on vraiment bosser avec un Raspberry Pi 5 ? Mon test
Négliger la sécurité et les mises à jour système
Quelques bons réflexes de sécurité à garder

Dans un monde de plus en plus connecté, je pense que la sécurité va devenir un prérequis de base pour quiconque s’intéresse à l’informatique. Il faut se protéger des personnes mal intentionnées, et le Raspberry Pi n’échappe pas à cette règle.
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Premier réflexe : faites attention à l’endroit où vous téléchargez vos logiciels. Je n’installe presque jamais depuis des sources non officielles ou douteuses — c’est trop facile d’exposer son système à des malwares et autres failles de sécurité.
Autre bonne habitude : garder son Raspberry Pi à jour. Les mises à jour régulières apportent de nouvelles fonctionnalités, mais surtout elles corrigent des failles de sécurité. Lancez fréquemment les commandes ci-dessous pour tout maintenir à jour :
sudo apt update
sudo apt upgrade
Utiliser un mot de passe solide, c’est aussi indispensable. Évitez les noms d’utilisateur par défaut (pi, admin, etc.) et choisissez un vrai bon mot de passe. Notre article Comment changer le mot de passe sur Raspberry Pi OS vous montre comment faire ça correctement.
J’ajoute une couche de protection supplémentaire en désactivant l’accès root. Comme ça, il est beaucoup plus difficile pour quelqu’un de prendre le contrôle total du système via l’utilisateur root. La bonne pratique aujourd’hui pour les tâches d’administration, c’est d’utiliser la commande sudo (en anglais).
Enfin, limitez le nombre de ports ouverts (en anglais) et désactivez les services inutiles. Chaque port ouvert est une porte d’entrée potentielle pour un attaquant, donc en coupant les services dont je n’ai pas besoin, je réduis l’exposition de mon Pi. Vous pouvez facilement configurer un pare-feu sur votre Raspberry Pi si ça vous inquiète.
À lire aussi : 17 conseils de sécurité pour protéger votre Raspberry Pi comme un pro
Si les commandes Linux ce n’est pas trop votre truc, n’hésitez pas à jeter un œil à cet article qui vous explique les commandes qu’il faut absolument connaître. Je vous donne aussi une antisèche à télécharger pour les avoir toujours sous la main !
Faire tourner son Pi 24h/24 sans boîtier ni refroidissement
Des boîtiers et ventilateurs simples qui changent tout

Mon serveur Raspberry Pi headless tourne 24h/24, alors j’ai appliqué pas mal d’optimisations pour le faire tourner de façon efficace et stable. Le refroidissement est l’une des choses les plus importantes à soigner.
Les modèles puissants comme le Raspberry Pi 4 et 5 peuvent chauffer significativement lors d’une utilisation prolongée. La surchauffe peut provoquer du throttling, voire des dommages permanents dans les cas extrêmes. Pour éviter ça, installez un système de refroidissement — un dissipateur thermique ou un ventilateur — pour maintenir la température dans des limites raisonnables.
Le choix du boîtier compte aussi beaucoup. Laisser sa carte exposée à la poussière ou aux chocs quand elle tourne en permanence, c’est risqué. Un bon boîtier Raspberry Pi protège physiquement la carte et peut améliorer la circulation d’air pour la garder au frais.
Vous ne savez pas quel boîtier choisir ? Consultez nos comparatifs pour le Pi 4 (Quel est le meilleur boîtier pour le Raspberry Pi 4 ?, en anglais) et pour le Pi 5 (Les meilleurs boîtiers pour Raspberry Pi 5).
Débrancher son Pi sans l’éteindre correctement
Le moyen le plus rapide de corrompre sa carte SD

Les anciens modèles de Raspberry Pi n’avaient pas de bouton d’alimentation dédié, alors je pensais qu’il fallait débrancher le câble pour les éteindre. C’est en réalité une mauvaise idée. Un arrêt brutal peut corrompre des fichiers sur la carte SD, provoquer des plantages système, voire causer des problèmes matériels à la longue.
Le Raspberry Pi s’appuie sur son système d’exploitation pour gérer les processus et écrire les données correctement. Pour éteindre votre Raspberry Pi proprement (en anglais), utilisez l’option d’arrêt depuis le bureau, ou tapez cette commande dans un terminal :sudo shutdown now
On peut aussi programmer une extinction différée. Par exemple, pour éteindre le Raspberry Pi dans 10 minutes :sudo shutdown +10
Un arrêt propre garantit que tous les processus sont stoppés correctement, que les fichiers sont bien écrits sur le disque, et que le système peut s’éteindre sans problème.
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À lire aussi : Mon guide visuel des broches GPIO (simple et complet)
Brancher des pins GPIO sans vérifier d’abord
Les règles que tout débutant doit connaître

C’est quand je travaille avec les pins GPIO (general purpose input/output) du Raspberry Pi que je suis le plus prudent. Il faut vraiment faire attention à la polarité et à l’alimentation.
La polarité désigne le sens du courant dans un circuit. Elle détermine quel côté d’un composant est positif (+) et lequel est négatif (–). Brancher des composants avec la mauvaise polarité — par exemple inverser le fil positif et le fil négatif — peut endommager votre Raspberry Pi et le composant connecté.
(Si vous n’avez jamais travaillé avec les GPIO du Raspberry Pi, commencez par notre guide débutant : Débuter avec les pins GPIO sur Raspberry Pi.)
D’expérience, les pins GPIO sont bien moins tolérantes que les ports USB. Un port USB est conçu pour ne laisser passer le courant que dans un seul sens, donc même en cas de mauvais branchement, le composant ne sera probablement pas abîmé. Avec les GPIO, c’est une autre histoire : une seule erreur et vous pouvez griller votre Raspberry Pi. Aïe !
Je vérifie aussi systématiquement que les composants que je branche sur les GPIO respectent les limites d’intensité et de tension du Raspberry Pi. Les dépasser peut surcharger les pins et provoquer une panne matérielle.
Avant de toucher aux GPIO, consultez les schémas de brochage officiels du Raspberry Pi pour confirmer vos connexions. On a justement un article complet pour ça : Le brochage GPIO du Raspberry Pi : schéma et explications (en anglais).
Je vous conseille aussi : Marre de Raspberry Pi OS ? Teste ces systèmes super cool.
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Ressources supplémentaires pour votre Raspberry Pi
Initiation au Raspberry Pi en vidéo
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Autres ressources pour profiter de votre Raspberry Pi
J’ai regroupé toutes mes recommandations de logiciels, sites utiles et de matériel sur cette page de ressources. Je vous invite à la consulter régulièrement pour faire les bons choix et rester à jour.
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Attention à l’électricité statique: Conseil complémentaire: ne jamais utiliser un aspirateur pour nettoyer un circuit, le tuyeau de l’ aspirateur se charge d’ électricité statique….. plutôt souffler avec de l’ « air en bombe »,
mais attention: en insistant, on peut refroidir au point de créer du givre…. si on utilise un compresseur d’ air, s’ assurer que l’ air soufflé est sec… pour ne pas mouiller le circuit…