Top 5 des logiciels de caméra de sécurité pour Raspberry Pi
Un des premiers projets que j’ai réalisés avec mon Raspberry Pi, c’était une caméra de surveillance. C’était facile : j’avais branché une caméra sur mon Pi et installé MotionEye. Depuis, j’ai travaillé sur plein de projets de ce genre, et aujourd’hui je veux vous montrer les meilleures options disponibles.
Les meilleurs logiciels de caméra de surveillance pour Raspberry Pi sont Shinobi, Frigate, MotionEye, ZoneMinder et Kerberos.io. Le bon choix dépend des priorités : enregistrement simple, gestion de plusieurs caméras, détection d’objets par IA, ou tableau de bord web complet.
Certains de ces outils sont faciles à installer et parfaits pour une configuration de base, d’autres sont mieux adaptés à des projets plus avancés avec plusieurs caméras ou de la détection par IA. Dans cet article, on compare les principales options pour vous aider à choisir celle qui correspond à votre projet.
Si vous êtes à la recherche d’inspiration pour votre prochain projet Raspberry Pi, j’ai créé une liste avec plus de 75 idées avec une courte description, le niveau et matériel conseillé, et des liens vers des tutoriels. Que vous soyez débutant ou plus expérimenté, vous trouverez des idées adaptées à votre niveau. Accès gratuit ici !
1. Shinobi

Si vous cherchez un système de caméra de surveillance moderne et open-source pour votre Raspberry Pi, Shinobi est un excellent point de départ.
Shinobi est un enregistreur vidéo réseau (NVR) qui permet de surveiller plusieurs caméras depuis un seul tableau de bord web, clair et bien organisé.
Vous voulez garder un œil sur votre porte d’entrée, votre jardin et votre garage en même temps ? Avec Shinobi, tout s’affiche au même endroit.
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Un gros problème avec beaucoup de logiciels open-source, c’est la maintenance. On trouve souvent des projets qui n’ont pas été mis à jour depuis des années et qui ne fonctionnent plus avec les systèmes récents. Heureusement, ce n’est pas le cas de Shinobi.
Shinobi est activement maintenu. Ne vous fiez pas aux commits de leur dépôt GitHub officiel, qui indique que le dernier remonte à 8 ans. Ils ont migré vers GitLab, où le développement est bien actif.
Fonctionnalités clés
- Tableau de bord web épuré : tout est accessible depuis votre navigateur, dans une interface simple et lisible.
- Basé sur FFmpeg avec H.264 accéléré matériellement : ça donne une lecture vidéo plus fluide sans trop solliciter le Pi.
- Support multi-caméras : on peut connecter et surveiller plusieurs caméras en même temps sans effort.
- Guide d’installation officiel pour Raspberry Pi : Shinobi propose une documentation dédiée au Raspberry Pi, qui couvre plusieurs systèmes d’exploitation — Raspberry Pi OS, Ubuntu et d’autres distros Linux.
Matériel requis et installation
Shinobi peut tourner sur des anciens modèles de Raspberry Pi, mais si vous prévoyez de gérer plusieurs caméras, mieux vaut partir sur un Raspberry Pi 4 ou un Raspberry Pi 5.
Les modèles plus anciens peuvent ramer, surtout avec plusieurs flux vidéo en haute résolution. J’ai essayé de faire tourner Shinobi sur un Raspberry Pi 3 Model B+. Ça fonctionnait bien, mais dès que j’ai branché une deuxième caméra, les lags ont commencé.
Shinobi existe en deux versions : la version Pro et la Shinobi Community Edition (CE), gratuite. Pour la plupart des installations à la maison, la Community Edition est largement suffisante. Je n’ai d’ailleurs jamais testé la version Pro.
Pour installer Shinobi sur votre Raspberry Pi, suivez le guide d’installation officiel disponible sur leur site.
Plus de 75 idées de projets pour votre Raspberry Pi (avec tutos, niveau et matériel nécessaire)
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2. Frigate

Vous voulez un système de caméra de surveillance capable de vraiment réfléchir ? Par exemple, faire la différence entre votre chat qui traverse le jardin et un vrai intrus ? Alors Frigate est fait pour vous.
Frigate est un NVR orienté IA qui utilise la détection d’objets en temps réel pour identifier des personnes, des voitures et des animaux dans vos flux vidéo — pas juste du mouvement.
Ce que j’aime avec Frigate, c’est que tout le traitement se fait localement sur votre appareil. Aucune image n’est envoyée dans le cloud, pas d’abonnement mensuel, aucune entreprise qui stocke vos vidéos quelque part hors de votre contrôle.
Mais vous vous demandez peut-être : si Frigate n’envoie pas les données dans le cloud pour le traitement IA, comment ça fonctionne ? J’explique ça dans la section matériel ci-dessous, où je parle du Coral TPU et du Raspberry Pi AI Kit.
Pour beaucoup de gens, ça suffit à faire le choix. Frigate est aussi très apprécié des passionnés de maison connectée. Si vous utilisez déjà Home Assistant, Frigate s’y intègre directement, ce qui permet de créer des automatisations facilement — comme recevoir une notification sur votre téléphone dès que quelqu’un entre dans votre allée.
Cela dit, Frigate utilise un conteneur Docker, donc si vous n’avez jamais utilisé Docker, attendez-vous à une courbe d’apprentissage avant que tout s’emboîte. Une fois que ça tourne, par contre, difficile de revenir à quelque chose de plus simple.
Fonctionnalités clés
- Détection d’objets en temps réel : identifie des personnes, des voitures et des animaux dès qu’ils apparaissent à l’écran, pas juste du mouvement.
- Tout se passe en local : vos vidéos restent sur votre appareil. Pas de cloud, pas d’abonnement.
- Intégration native Home Assistant : fonctionne parfaitement avec Home Assistant pour vos automatisations domotiques.
- Zones de détection personnalisables : définissez exactement quelles zones de l’image doivent déclencher une alerte, pour ne pas être notifié à chaque voiture qui passe en arrière-plan.
Matériel requis et installation
Frigate tourne sur un Raspberry Pi 4 ou Pi 5, mais si vous voulez une détection fluide en temps réel sans saturer le CPU, un accélérateur IA est vraiment recommandé. Sans ça, votre Pi fait tout le boulot tout seul, et ça peut vite ralentir dès que les détections s’accumulent.
Les deux options populaires sont le Coral TPU (version USB) et le Raspberry Pi AI HAT+. Les deux gèrent tout le traitement IA séparément, ce qui soulage le CPU du Pi.
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Pour installer Frigate sur votre Raspberry Pi, vous pouvez suivre ce guide d’installation, qui détaille tout ce qu’il faut faire pour le faire tourner.
Tu cherches d’autres projets Raspberry Pi à faire ? J’ai rassemblé plus de 75 projets Raspberry Pi dans une ressource gratuite (avec tutos et matériel nécessaire pour chaque). De quoi t’occuper un bon moment, quel que soit ton niveau. C’est par ici !
3. MotionEye

Si vous débutez avec les caméras de surveillance sur Raspberry Pi et que vous voulez un logiciel simple pour commencer, MotionEye est exactement ce qu’il vous faut.
MotionEye est une interface web accessible depuis le navigateur, conçue pour les débutants et construite par-dessus Motion, un programme open-source de détection de mouvement bien connu.
MotionEye prend tout ce qui est compliqué et l’emballe dans une interface web propre. Je l’ai utilisé pendant pas mal de temps, et honnêtement, c’est facile à naviguer et à gérer.
Ce n’est pas le logiciel le plus complet de cette liste, mais c’est justement ce qui le rend génial. On l’installe, on pointe vers la caméra, et ça marche.
Si vous montez votre premier projet de caméra sur Raspberry Pi ou que vous travaillez avec du vieux matériel comme le Raspberry Pi 2 Model B, le Raspberry Pi 3 Model B/B+ ou un Pi Zero W/Zero 2 W, MotionEye est un bon point de départ qui ne vous donnera pas de maux de tête.
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Fonctionnalités clés
- Interface web : pas besoin de taper des commandes pour gérer vos caméras. Tout se passe depuis un tableau de bord accessible sur n’importe quel appareil, y compris votre téléphone.
- Détection de mouvement avec alertes par e-mail : on peut configurer le logiciel pour recevoir un e-mail avec des captures d’écran du mouvement détecté, directement depuis les paramètres de MotionEye.
- Compatible du Pi Zero 2W au Pi 5 : MotionEye est assez léger pour tourner sur les premiers modèles de Raspberry Pi comme sur les plus récents. Parfait pour une installation à faible coût et faible consommation.
- Sauvegarde cloud : MotionEye peut automatiquement sauvegarder vos enregistrements sur Google Drive ou Dropbox, pour ne pas perdre vos images même si quelqu’un met la main sur votre Pi.
Matériel requis et installation
Un des grands atouts de MotionEye, c’est qu’il ne demande pas grand-chose au niveau matériel. Il tourne sans problème sur un Pi Zero 2W, ce qui en fait l’une des configurations de caméra de surveillance les moins chères qu’on puisse monter.
Plus de 75 idées de projets pour votre Raspberry Pi (avec tutos, niveau et matériel nécessaire)
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Cela dit, si vous prévoyez des flux en haute résolution ou plusieurs caméras, un Raspberry Pi 3B+, Pi 4 ou Pi 5 vous offrira une expérience bien plus fluide.
Pour installer MotionEye sur votre Raspberry Pi, suivez notre guide Comment installer MotionEye sur Raspberry Pi, qui vous accompagne de A à Z.
4. ZoneMinder

Si vous avez déjà mis les mains dans MotionEye ou Frigate et que vous voulez aller plus loin, ZoneMinder passe à la vitesse supérieure.
ZoneMinder est un système de vidéosurveillance léger et auto-hébergé qui transforme votre Raspberry Pi en NVR capable de diffuser, enregistrer et analyser les flux de plusieurs caméras USB ou IP.
C’est l’une des plateformes CCTV open-source les plus anciennes et les plus établies. ZoneMinder existe depuis plus de vingt ans et est encore activement développé — ça en dit long sur sa fiabilité.
Honnêtement, ZoneMinder n’est pas le logiciel le plus simple à installer. Il tourne par-dessus Apache et MariaDB, donc on se retrouve à installer un vrai serveur web et une base de données avant même de toucher à la caméra. Mais une fois que le système est en place, ça roule.
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Je ne le recommanderais pas pour de simples projets personnels. ZoneMinder brille vraiment dans des configurations plus sérieuses — plusieurs caméras sur différents emplacements, plannings d’enregistrement, réglage fin de la sensibilité de détection, voire déploiement sur plusieurs serveurs.
Fonctionnalités clés
- Compatible avec toutes les caméras analogiques ou IP : que vous ayez une vieille caméra CCTV analogique ou une caméra IP moderne, ZoneMinder peut s’y connecter.
- Déploiement multi-serveurs — On peut répartir la charge sur plusieurs serveurs si un seul Pi ne suffit pas.
- Interface web accessible sur mobile — Gérez vos caméras depuis n’importe quel navigateur, y compris sur téléphone.
- Détection d’objets optionnelle via EventServer — Avec le module EventServer, on peut ajouter de la détection d’objets par IA, un peu comme ce que Frigate fait nativement.
- Journaux et rapports détaillés — ZoneMinder conserve un historique complet des événements, très utile pour revoir des séquences ou diagnostiquer un problème.
- Modes d’enregistrement flexibles — On peut configurer chaque caméra pour enregistrer en continu, uniquement sur détection de mouvement, ou selon un planning — ce qui permet de bien maîtriser l’espace de stockage.
Matériel requis et installation
ZoneMinder est le logiciel le plus gourmand en ressources de cette liste, donc un Raspberry Pi 4 est le minimum. Un Pi 5 offre une expérience nettement meilleure, surtout si vous faites tourner plusieurs caméras en même temps. N’essayez même pas sur un Pi Zero — ce ne sera pas une expérience agréable.
L’installation implique Apache, MariaDB et ZoneMinder lui-même, donc c’est un peu plus long que les autres options. Mais avec le bon guide, c’est tout à fait faisable même si vous n’êtes pas un expert Linux. Pour commencer, consultez notre guide Comment installer ZoneMinder sur Raspberry Pi (en anglais), qui vous guide à chaque étape.
5. Motion (CLI)

Motion est un programme de détection de mouvement léger et open-source qui fonctionne entièrement en ligne de commande.
Vous avez peut-être reconnu le nom dans la section MotionEye juste avant. C’est normal : MotionEye est justement construit par-dessus Motion.
Donc là où MotionEye vous offre une interface web conviviale, Motion est le moteur qui tourne en dessous et fait tout le vrai travail.
Quand on utilise Motion seul, pas de tableau de bord, pas d’interface graphique — juste un outil puissant et léger qu’on contrôle entièrement depuis le terminal. Ça peut sembler intimidant, mais si vous êtes à l’aise avec un terminal et que vous voulez une configuration de caméra qui consomme le moins de ressources possible, Motion est vraiment difficile à battre.
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C’est parfait pour les installations headless — des Raspberry Pi qui tournent sans écran ni clavier, planqués dans un coin ou montés quelque part hors de vue. C’est aussi idéal si vous voulez construire un pipeline personnalisé où Motion gère la détection et vos propres scripts s’occupent du reste : sauvegarder les vidéos, envoyer des alertes ou déclencher des actions domotiques.
Fonctionnalités clés
- Aucune dépendance à un serveur web ou une base de données — Motion tourne seul, sans avoir besoin d’Apache, MariaDB ou quoi que ce soit d’autre en arrière-plan. Moins de services = plus de ressources pour la caméra.
- Streaming MJPEG — Diffusez votre flux vidéo directement sur le réseau vers n’importe quel navigateur ou lecteur compatible, sans logiciel supplémentaire.
- Déclenchement de scripts sur événement — Quand Motion détecte un mouvement, il peut automatiquement lancer le script de votre choix. Ça ouvre plein de possibilités : envoyer une alerte personnalisée, enregistrer des événements dans un fichier, etc.
- Intégration Home Assistant via webhooks — Si vous avez une installation domotique, on peut connecter Motion directement à Home Assistant avec des webhooks, pour que vos automatisations se déclenchent dès qu’un mouvement est détecté.
Matériel requis et installation
C’est là que Motion se démarque vraiment de tout le reste. Il tourne sur n’importe quel modèle de Raspberry Pi, y compris le Pi Zero et le Pi Zero 2W. Si vous avez un vieux Pi qui prend la poussière dans un tiroir, Motion est une bonne raison de le ressortir.
Comme Motion est disponible directement dans les dépôts de paquets de Raspberry Pi OS, l’installation est simple. Quelques commandes suffisent :sudo apt install motion
Ensuite, toute la configuration se fait dans le fichier motion.conf, où on règle la résolution, la fréquence d’images, la sensibilité de détection et les scripts à lancer quand un mouvement est détecté.
Autres options à connaître
Je n’ai pas listé tous les logiciels de caméra de surveillance disponibles pour le Raspberry Pi. Ça ne veut pas dire qu’ils ne valent pas le détour. Voici deux options qui peuvent quand même être le bon choix selon votre situation.
RPi Cam Web Interface

RPi Cam Web Interface était une valeur sûre pour les projets de caméra sur Raspberry Pi pendant longtemps. Si vous traînez dans la communauté Raspberry Pi depuis un moment, vous êtes probablement déjà tombé dessus.
RPi Cam Web Interface a été conçu spécifiquement pour le module caméra officiel du Raspberry Pi, et offrait une interface web simple pour visualiser et contrôler le flux vidéo.
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Le problème, c’est qu’il a mal vieilli. Il était basé sur l’ancienne stack caméra. Depuis que Raspberry Pi OS est passé à un nouveau système caméra appelé libcamera (en anglais), RPi Cam Web Interface a de sérieux problèmes de compatibilité qui n’ont pas été résolus. Le faire fonctionner sur une configuration moderne relève plus du débogage que d’une installation normale.
Kerberos.io

Kerberos.io est une plateforme de surveillance modulaire et moderne qui mise tout sur Docker. Elle repose sur un agent qui tourne sur votre appareil et gère tout le traitement vidéo en local, avec un Hub optionnel pour tout piloter depuis un tableau de bord centralisé.
Si je ne l’ai pas mis dans la liste principale, c’est parce que la configuration est très orientée Docker, ce qui ajoute une couche de complexité que tout le monde ne veut pas gérer sur un Raspberry Pi.
En plus, Kerberos évolue de plus en plus vers un modèle SaaS avec son produit Hub, qui nécessite une licence payante pour accéder aux fonctionnalités avancées. L’agent principal est gratuit et open-source, mais si vous voulez les options de gestion plus poussées, il faudra prévoir un budget.
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