La nouvelle méthode pour exécuter Windows sur Raspberry Pi
Faire tourner Windows sur un Raspberry Pi, c’est un sujet qui revient régulièrement. Parfois pour une application spécifique, parfois pour tester, et parfois juste pour voir si c’est possible. J’ai essayé les solutions les plus populaires, et c’est toujours les mêmes problèmes : une émulation trop lente ou des soucis de compatibilité de drivers. Mais il existe maintenant une nouvelle méthode très prometteuse.
Il est possible de faire tourner Windows sur un Raspberry Pi grâce à Botspot VM. Ce logiciel virtualise une instance de Windows ARM à l’intérieur de Linux, ce qui offre une approche plus flexible et plus sûre qu’une installation native.
Dans ce guide, on va voir pourquoi on pourrait vouloir faire tourner Windows sur un Raspberry Pi, ce qu’il faut pour démarrer, et comment installer Windows étape par étape avec Botspot VM. Je partage aussi mon avis sur ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas, et pour qui cette configuration a vraiment du sens.
Si vous débutez avec Raspberry Pi ou Linux, j’ai quelque chose qui peut vous aider !
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Windows sur Raspberry Pi : mais pourquoi ?
Les derniers modèles de Raspberry Pi ont sérieusement amélioré leurs performances, au point de devenir des remplaçants valables pour un PC du quotidien (en anglais) sur des tâches légères comme la navigation web.
En général, on recommande d’utiliser un système d’exploitation optimisé pour le matériel Raspberry Pi, comme Raspberry Pi OS. Mais comme Raspberry Pi OS est basé sur Linux, il ne permet pas d’installer des applications Windows natives directement, sauf via Wine.

Pour la plupart des gens, je recommande de chercher des alternatives Linux aux applications Windows sur Raspberry Pi. Il existe beaucoup d’applications alternatives sur Raspberry Pi qui peuvent répondre à vos besoins.
À lire aussi : Faites ça pour une sauvegarde complète de votre Raspberry Pi
Mais s’il y a une application spécifique que vous devez absolument faire tourner sur un Raspberry Pi, ce guide est fait pour vous.
Les méthodes traditionnelles
Le plus gros obstacle pour faire tourner Windows sur Raspberry Pi a toujours été le même : le Raspberry Pi est basé sur l’architecture ARM, alors que Windows est principalement conçu pour le x86.
Microsoft a commencé à s’intéresser sérieusement à Windows pour ARM avec Windows 10 ARM, qui incluait un environnement de bureau complet. Depuis, Microsoft maintient et met à jour activement ses versions ARM, et la version Windows 11 ARM est maintenant disponible.
Mais ces versions ARM de Windows ne sont toujours pas officiellement supportées sur Raspberry Pi. Pour installer Windows sur Raspberry Pi, on utilise généralement le projet Windows on Raspberry (WoR).
WoR simplifie l’installation de Windows sur Raspberry Pi en gérant tous les besoins en drivers et en compatibilité. Ça semble simple, mais en pratique, même avec WoR, l’installation peut vite devenir un casse-tête.

Vous pouvez consulter ce guide sur l’installation de Windows 11 sur Raspberry Pi avec la méthode WoR. Utiliser la version ARM de Windows avec WoR permet de faire tourner Windows nativement sur le matériel du Raspberry Pi. Mais cette méthode a pas mal de limitations.

D’abord, le projet WoR n’est plus activement maintenu. La version Windows de WoR Flasher ne supporte pas le Raspberry Pi 5 et ne le propose même pas comme option.
À lire ensuite : Voici les meilleures applis Linux (testées pour vous)
La version Linux peut être utilisée pour installer Windows 11 ARM sur un Raspberry Pi 5, mais l’installation est capricieuse et sujette à des problèmes de drivers. La plupart des variantes de la famille Raspberry Pi 5 ne sont carrément pas supportées. On peut ignorer l’avertissement et continuer l’installation, mais l’expérience globale sur Raspberry Pi 5 n’est pas au top.

Ensuite, le script d’installation ne fonctionne plus et nécessite des modifications manuelles. Même quand ça marche, le média installé n’est pas plug-and-play : il faut ajouter manuellement les fichiers EFI pour que Windows puisse démarrer.

Et pour finir, il y a plein de problèmes de drivers à régler. Par exemple, le Wi-Fi et l’Ethernet natifs ne fonctionnent pas, et il faut brancher une clé USB Wi-Fi pour accéder au réseau.
On peut se rabattre sur un Raspberry Pi 4, mais on perd alors le gain de performances significatif du Raspberry Pi 5, qui est pourtant bien utile quand on fait tourner un OS aussi gourmand que Windows 11.
Botspot VM à la rescousse
C’est là que j’ai récemment découvert une nouvelle méthode pour faire tourner Windows sur un Raspberry Pi, qui contourne tous ces problèmes.
Botspot VM est un logiciel développé par Botspot (le créateur de WoR Flasher et Pi-Apps) qui permet d’installer Windows sur un Raspberry Pi dans une machine virtuelle (VM).
C’est quoi une machine virtuelle ?
Une machine virtuelle, comme son nom l’indique, c’est une machine qui n’existe pas physiquement. Une VM tourne sur un OS hôte (par exemple Raspberry Pi OS) et utilise des variables et des commandes logicielles pour simuler le fonctionnement d’un vrai appareil.
À lire ensuite : Les 5 navigateurs les plus rapides sur Raspberry Pi
Une VM tourne comme une application dans sa propre fenêtre et consomme des ressources sur l’OS hôte. Le principe est similaire à la façon dont Docker fait tourner des applications conteneurisées : les VMs font tourner une version conteneurisée d’un OS complet.
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Les VMs sont traditionnellement utilisées à des fins éducatives. C’est aussi un super outil pour tester différents OS sans avoir à effacer sa machine principale et réinstaller un nouveau système à chaque fois.
Les avantages de Botspot VM
Faire tourner Windows dans une VM plutôt que de l’installer nativement sur le Raspberry Pi présente plusieurs avantages :
- Pas de problèmes de drivers : Comme Windows n’est pas directement exposé au matériel spécifique du Raspberry Pi, il n’y a aucun souci de compatibilité. Tout est virtualisé pour correspondre à du matériel standard, et des fonctionnalités comme le Wi-Fi et l’audio marchent directement.
- Linux et Windows en même temps : Windows tourne uniquement dans la VM, donc le Raspberry Pi continue de faire tourner un OS basé sur Linux. On peut utiliser la VM uniquement pour les une ou deux applications Windows indispensables, et profiter des applications Linux plus performantes pour le reste.
- Pas besoin d’effacer Raspberry Pi OS : On installe en gros une application par-dessus Raspberry Pi OS. Si quelque chose se passe mal, l’OS hôte est préservé.
Le seul compromis, c’est que c’est moins efficace que faire tourner Windows nativement : la couche de virtualisation réduit les performances de Windows.
La page GitHub de Botspot VM indique que des performances proches du natif sont attendues. Mais il serait déraisonnable d’espérer des performances identiques entre les deux méthodes.

Ce qu’il vous faut pour démarrer
Avant de se lancer, voici les prérequis à vérifier :
- Un Raspberry Pi puissant : Comparé à Linux et Raspberry Pi OS, Windows est nettement plus gourmand en ressources. Et comme on va le faire tourner dans une VM, il faut un modèle de Raspberry Pi nettement plus puissant pour avoir une expérience correcte.
Je recommande au minimum un Raspberry Pi 5 avec 8 Go ou 16 Go de RAM. On peut faire tourner cette méthode sur un Raspberry Pi 4, mais ce sera moins fluide. On en reparle plus bas. - Raspberry Pi OS 64 bits : Selon la page GitHub de Botspot VM, la variante Linux 64 bits est obligatoire. Ça ne fonctionne pas avec la version 32 bits. Vous pouvez lire ce guide sur comment installer Raspberry Pi OS.
Il faut aussi une version Bookworm ou plus récente, car Bullseye et les versions antérieures ne sont pas supportées. - KVM activé : Assurez-vous que KVM est activé. Si vous ne savez pas comment faire, pas de panique, on le couvre dans ce guide.
- Wayland : Pour faire tourner Botspot VM, il est recommandé d’utiliser le serveur d’affichage Wayland plutôt que X11. Le logiciel fonctionne aussi sur X11, mais Wayland apporte un gain de performances significatif.
- Carte SD de plus de 64 Go : La page GitHub de Botspot VM ne le mentionne pas explicitement, mais la taille par défaut de l’image disque virtuelle est de 40 Go. En ajoutant les 12-15 Go de fichiers à télécharger pour l’installation (supprimables ensuite), les 8-10 Go nécessaires pour Raspberry Pi OS, et un peu de marge, 64 Go ça devient vite juste.
Je recommande 128 Go de stockage (idéalement sur un SSD) pour plus de confort et de meilleures performances.
Note : La page GitHub de Botspot VM indique que le Raspberry Pi 4 est supporté. J’ai d’abord essayé de faire tourner Windows 11 sur mon Raspberry Pi 400 avec Botspot VM. Mais l’installation a pris une éternité (plus de 24h) avant de se terminer sur une erreur. Ça aurait peut-être marché avec un peu de bidouillage. J’ai finalement basculé sur mon Raspberry Pi 5 (8 Go) et l’installation s’est déroulée sans trop d’accrocs (moins de 4h).
À lire ensuite : Envie d'utiliser Windows 11 sur ton Pi ? Voici comment faire.
Maintenant que les prérequis sont réglés, on peut passer à l’installation de Windows sur le Raspberry Pi.
Installer Windows avec Botspot VM
Les grandes étapes pour installer Windows 11 sur le Raspberry Pi sont : installer le logiciel Botspot VM et l’utiliser pour télécharger et installer l’image Windows 11 ARM.
Mais avant ça, il y a quelques réglages à faire.
Activer KVM
Pour faire tourner Windows 11 avec Botspot VM, KVM est indispensable. Pour l’activer sur une installation fraîche de Raspberry Pi OS, voici les étapes :
- Mettre à jour le système :
sudo apt update && sudo apt full-upgrade
- Installer les paquets pour KVM :
sudo apt install qemu-kvm libvirt-daemon-system libvirt-clients
- Ajouter votre utilisateur aux groupes kvm et libvirt :
sudo usermod -aG kvm,libvirt $USER - Redémarrer le Raspberry Pi :
sudo reboot now - Vérifier que l’accélération KVM est activée :
qemu-system-aarch64 -accel help
Voilà, KVM est activé sur le Raspberry Pi et peut maintenant être utilisé avec QEMU (en anglais).
Si les commandes Linux ce n’est pas trop votre truc, n’hésitez pas à jeter un œil à cet article qui vous explique les commandes qu’il faut absolument connaître. Je vous donne aussi une antisèche à télécharger pour les avoir toujours sous la main !
[wbcr_php_snippet]: PHP snippets error (not passed the snippet ID)Activer ZRAM (optionnel)
Si vous utilisez un Raspberry Pi avec 4 Go de RAM ou moins — ce que je ne recommande pas — pensez à activer aussi ZRAM. ZRAM est un module kernel qui compresse les données à la volée et les stocke en RAM. Ça permet d’augmenter la quantité de RAM disponible pour le système.
Je vous conseille aussi : Votre Pi est-il vraiment sécurisé ? Voici 17 conseils simples
Traditionnellement, on utilise des partitions swap sous Linux pour une fonctionnalité similaire. Par défaut, le Raspberry Pi alloue 100 Mo de swap, ce qui est largement insuffisant pour faire tourner Windows 11 dans une VM quand la RAM est limitée.
On peut activer ZRAM sur le Raspberry Pi et appliquer d’autres optimisations RAM en installant simplement l’application « More RAM » via Pi-Apps.

Pour plus de conseils d’optimisation des performances, jetez un œil à cet article sur 7 étapes simples pour accélérer son Raspberry Pi.
Installer Botspot VM
Les prérequis sont en place, on peut maintenant installer Botspot VM.
Botspot VM est disponible via Pi-Apps, donc on va passer par là.
Pour installer Pi-Apps sur le Raspberry Pi, lancez cette commande dans un terminal :wget -qO- https://raw.githubusercontent.com/Botspot/pi-apps/master/install | bash

Ensuite, lancez Pi-Apps en allant dans le menu Raspberry Pi -> Accessories -> Pi-Apps.

Dans Pi-Apps, Botspot VM se trouve dans la section Tools -> Emulation.
On peut aussi le rechercher directement.

Cliquez sur Install, et Botspot VM s’installe automatiquement sur le Raspberry Pi.
Une fois installé, on peut le lancer en allant dans le menu Pi -> Office -> Botspot Virtual Machine.

Installer Windows 11
Botspot VM est installé, on peut passer à Windows 11. Il y a deux façons d’utiliser l’application : via la ligne de commande ou via l’interface graphique. Dans ce tutoriel, on va utiliser l’interface graphique.
L’interface de Botspot VM est très simple. Elle présente un bouton pour chaque étape à réaliser. Quand on clique sur un bouton, l’étape correspondante s’exécute dans un terminal.

Si l’étape se termine sans erreur, l’étape suivante dans la séquence est automatiquement débloquée.
Démarrer un nouveau projet
Pour lancer l’installation, cliquez sur le premier bouton : New Virtual Machine.

Ça va automatiquement installer tous les programmes et dépendances nécessaires, et créer un dossier ~/win11 pour stocker tous les fichiers.
Déplacer le dossier du projet (optionnel)
Si vous utilisez une carte SD de moins de 64 Go comme support de démarrage, il faudra déplacer le dossier du projet vers un autre support de stockage. Si vous utilisez un SSD NVMe ou une carte SD de plus de 64 Go, vous pouvez sauter cette étape.
Pour déplacer le dossier du projet vers un autre disque, montez un périphérique de stockage externe (en anglais) (par exemple une clé USB) et déplacez le dossier ~/win11 vers le volume monté. Créez ensuite un lien symbolique à l’emplacement ~/win11 qui pointe vers le dossier déplacé.
Modifier la configuration
Une fois que vous avez décidé où sera situé le dossier du projet, fermez la fenêtre de terminal (ouverte par Botspot VM) et cliquez sur le deuxième bouton : Edit configuration file.

Ça ouvre le fichier de configuration (~/win11/bvm-config) dans l’éditeur de texte par défaut.

Vous pouvez parcourir les paramètres et, si besoin, modifier ou noter le vm_username et le vm_password. Le reste de la configuration peut rester tel quel. Fermez l’éditeur de texte pour valider cette étape.
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Télécharger maintenant
Télécharger les fichiers d’image
On doit maintenant télécharger l’image Windows 11 ARM et l’image des drivers pour cette installation. Botspot VM s’en charge automatiquement.
Cliquez sur le bouton suivant : Download components.
Tous les fichiers nécessaires se téléchargent automatiquement.
À lire aussi : Pi5 vs Pi4 : je les ai testés, voici le résultat

Ce téléchargement peut prendre du temps ; environ 12 Go de données doivent être téléchargés. Sur ma machine, avec une vitesse de téléchargement moyenne de 2 Mo/s, ça a pris environ 1h à 1h30.
Si vous tombez sur cette erreur :

Il faudra télécharger manuellement le fichier ISO de Windows 11 ARM. Pour ça, cliquez sur ce lien et faites les sélections appropriées (Windows 11 multiedition ISO et la langue de votre choix) pour télécharger le fichier ISO.
Une fois téléchargé, renommez-le et déplacez-le vers ~/win11/installer.iso.
Après avoir copié l’ISO, relancez la troisième étape ; cette fois, le script détectera automatiquement que le fichier ISO est déjà présent. Appuyez sur n puis Entrée pour passer le téléchargement de l’ISO et continuer avec le reste des fichiers nécessaires.

Le script téléchargera ensuite les drivers virtio et le script de debloating nécessaires à l’installation.
Préparer l’installation
Une fois tous les fichiers téléchargés, Botspot VM doit être préparé pour l’installation. Fermez la fenêtre de terminal et cliquez sur le bouton suivant qui s’est débloqué : Prepare for installation.
À lire ensuite : Transformez votre Raspberry Pi en une machine à sous

Ça va apporter les modifications nécessaires au fichier ~/installer.iso et préparer l’image disque virtuelle sur laquelle Windows 11 ARM sera installé.
Installer Windows 11
La dernière étape, c’est l’installation de Windows 11 elle-même. Botspot VM automatise complètement cette étape, sans aucune intervention nécessaire. L’installation se fait en mode non assisté.
Pour lancer l’installation, cliquez simplement sur le bouton Install Windows 11. Une session QEMU va démarrer et l’installation Windows familière va commencer.

La session QEMU va redémarrer plusieurs fois, il faut attendre qu’elle se termine complètement et affiche le message « Operation succeeded » dans le terminal.
Cette étape peut prendre beaucoup de temps selon le modèle de Raspberry Pi. Sur le Raspberry Pi 400, ça a pris plus de 24h (pour finir sur une erreur). Sur un Raspberry Pi 5 (8 Go), ça a pris environ 4 à 5h.
Premier démarrage
Une fois l’installation terminée, cliquez sur le dernier bouton, Run Windows 11, pour démarrer la VM.

On peut déplacer la souris librement entre l’interface Windows 11 et le bureau de Raspberry Pi OS.
On peut aussi maximiser la fenêtre QEMU, et le bureau Windows 11 s’adaptera en conséquence.

Et voilà, Windows 11 ARM est installé sur le Raspberry Pi via Botspot VM. La suite de l’article analyse les performances et les fonctionnalités disponibles avec cette méthode.
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Est-ce que ça marche vraiment ?
Comme on vient de le voir, installer Windows 11 avec Botspot VM est un processus fluide et automatisé. Mais le vrai test, c’est de savoir à quel point cette installation de Windows 11 est utilisable au quotidien.
Look & feel
Note globale : ⭐⭐⭐⭐
Comparé à une installation directe, la procédure de démarrage est un peu laborieuse. Il faut d’abord booter le Raspberry Pi, puis lancer le logiciel Botspot VM, et de là démarrer Windows 11.
Par défaut, la VM démarre en mode fenêtré, ce qui casse un peu l’immersion. Mais on peut changer ça dans le fichier de configuration (~/win11/bvm-config) pour démarrer en plein écran.
À lire ensuite : Transformez votre Raspberry Pi en une machine à sous

De plus, comme la VM peut être démarrée depuis la ligne de commande plutôt que depuis une interface graphique, on peut la configurer pour qu’elle se lance automatiquement au démarrage.
Avec ces deux petits réglages, ça commence à ressembler vraiment à une installation native de Windows sur le Raspberry Pi.

Dans l’ensemble, c’est tout à fait utilisable comme bureau. C’est une version allégée de Windows 11, donc beaucoup d’outils inutiles ont été retirés. Mais la plupart des applications courantes sont disponibles et fonctionnent normalement.
Drivers et connectivité
Note globale : ⭐⭐⭐⭐⭐
La plupart des drivers semblent fonctionner directement. La connexion réseau se fait automatiquement via la couche de virtualisation. On ne peut pas configurer le Wi-Fi depuis la VM, mais toute connectivité réseau disponible sur l’OS hôte (Raspberry Pi OS) est automatiquement transmise à la VM.

L’audio fonctionne aussi. Via la couche de virtualisation, le périphérique audio de sortie est configuré dans l’OS hôte (Raspberry Pi OS), et la VM y route automatiquement tout le son.
Un truc sympa que j’ai remarqué : le dossier home de Raspberry Pi OS est automatiquement partagé et accessible dans l’Explorateur de fichiers. Ça rend le transfert de fichiers entre l’OS hôte et la VM vraiment pratique.
À lire ensuite : 15 projets faciles pour débuter avec un Raspberry Pi

Le passthrough USB est aussi disponible, mais il faut d’abord ajouter l’identifiant matériel du périphérique USB à passer dans le fichier de configuration (~/win11/bvm-config).

Une fois configuré, le support amovible ou la clé USB sera automatiquement détecté dans la VM.

Performances
Note globale : ⭐⭐⭐
Honnêtement, je m’attendais à ce que les performances soient poussives. On essaie quand même de faire tourner un OS très gourmand sur du matériel moins puissant qu’un PC de bureau classique, et qui n’est pas optimisé pour ça.
Mais j’ai été agréablement surpris. L’expérience est relativement utilisable. L’interface est réactive, ça ressemble à Windows 11 qui tourne nativement sur un PC de bureau un peu vieillissant.
Cela dit, je ne me vois pas l’utiliser comme bureau principal au quotidien. Même des tâches simples, comme ouvrir l’Explorateur ou naviguer sur internet, semblent parfois un peu lentes.
Comparé à une installation native de Windows 11 ARM (via WoR flasher) sur un Raspberry Pi, l’approche Botspot VM est légèrement moins performante, ce qui est logique.
À lire ensuite : Mon guide visuel des broches GPIO (simple et complet)

En termes de performances, le cas d’usage idéal pour cette méthode, c’est de l’utiliser pour une ou deux applications Windows indispensables.
Ce qui peut encore être amélioré
Dans l’ensemble, installer Windows 11 sur Raspberry Pi avec Botspot VM est une expérience plutôt fluide. Avec les capacités nettement améliorées du Raspberry Pi 5, le résultat final est tout à fait utilisable.
Tous les drivers et les intégrations matérielles fonctionnent directement, sans bidouillage ni installation manuelle.
Mais il y a encore quelques points à améliorer :
Performances
Les performances, bien qu’utilisables, ne sont pas suffisantes pour recommander cette solution comme remplacement complet d’un bureau. Elles restent proches d’une installation native de Windows 11 ARM sur Raspberry Pi.
En gros, le goulot d’étranglement ici, c’est le matériel du Raspberry Pi et la nature très gourmande de Windows 11.
Support du Raspberry Pi 4
La page GitHub indique que les variantes Raspberry Pi 4 sont supportées. Mais de mon côté, l’expérience a été vraiment épuisante.
Et même si ça fonctionnait correctement, avec les specs plus faibles du Raspberry Pi 4, je doute que le résultat soit vraiment utilisable.
Mode application distante
Une amélioration clé qui pourrait vraiment changer l’expérience : la possibilité de faire tourner des applications Windows individuelles dans leurs propres fenêtres sur le bureau de Raspberry Pi OS (un peu comme Wine).
Cette fonctionnalité est déjà dans le viseur du développeur, et je m’attends à la voir arriver dans une prochaine mise à jour.
Faire tourner Windows 11 sur un Raspberry Pi avec Botspot VM, ce n’est plus juste une expérience amusante. C’est vraiment utilisable, surtout sur un Raspberry Pi 5 avec suffisamment de RAM et un stockage rapide. La mise en place est bien plus propre que les anciennes méthodes, et on n’a pas à se battre avec les drivers ni risquer de casser son système principal.
Cela dit, ce n’est pas un remplacement complet d’un bureau. Les performances sont suffisantes pour des applications Windows spécifiques, pour tester ou apprendre, mais Linux restera toujours plus fluide pour les tâches du quotidien.
Si vous avez vraiment besoin d’une ou deux applications Windows sur votre Raspberry Pi, Botspot VM est actuellement la méthode la plus pratique. Sinon, restez sur Raspberry Pi OS et utilisez des alternatives Linux natives autant que possible.
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